Essentialisme psychologique et infra-humanisation

"Essentialisme psychologique et infra-humanisation: le rôle des conceptions naïves de la nature des groupes dans le jugement social" par Georges Schadron, Professeur à l'Université de Nice, avec la participation de Jean-François Verlhiac

Une part importante de l’impact des stéréotypes négatifs provient de la croyance implicite que les caractéristiques attribuées à un groupe sont causées par un facteur sous-jacent associé à celui-ci. Selon une conception récente de la notion de stéréotypes, ceux-ci sont sous-tendus par des théories naïves. Les catégories sociales, bien que construites sur des bases artefactuelles (Rothbart et Taylor, 1992) sont souvent néanmoins perçues comme des “catégories naturelles”. Considérer une catégorie comme “naturelle” implique que l’on croie à l’existence d’une “essence sous-jacente” à cette catégorie.

Une théorie comme celle d'une “essence” fournit à celui qui y croit une indication de la possibilité de juger plus facilement des membres du groupe stéréotypé. En effet, le fait de savoir pourquoi ces personnes sont un groupe donne à l'observateur l'impression de connaître quelque chose de leur nature. D'autre part, elle renseigne l'observateur sur le caractère d'entité de ce groupe, et le fait de percevoir celui-ci comme une entité entraîne la possibilité de juger ses membres dans leur ensemble. Un aspect particulier de telles conceptions concerne le caractère plus ou moins humain atribué à un groupe donné.

Cette présentation décrira des recherches de psychologie sociale expérimentale qui ont mis en évidence comment de telles théories se développent et quelles sont leurs conséquences dans le jugement social et particulièrement dans la discrimination et la justification du sort des groupes défavorisés..

Mots-clés: essentialisme, stéréotypes, discrimination

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