La faveur de l'inhumain

La faveur de l'inhumain

Journée d'études préparée par Jean-Michel Salanskis et Emine Sarikartal


Argumentaire 

Dans les années 1960-1980 s’est affirmé en France, comme une sorte de vedette, un thème de l’inhumain : l’inhumain est apparu comme une catégorie déterminante pour plusieurs auteurs, à la fois dans une perspective ontologique, métaphysique et épistémologique, et dans une perspective éthico-politique. Selon les auteurs de ce moment, nous avions besoin de passer par l’inhumain pour regarder avec justesse l’être et ses devenirs d’un côté, pour aller dans la meilleure direction pratique de l’autre côté ; pour affronter et assumer la vérité d’une part, pour faire la révolution de l’autre !

L’inhumain comme thème apparaît ainsi en première ligne dans les œuvres de Deleuze et de Lyotard, mais on n’a pas de peine à repérer son influence ou son opération chez Derrida ou chez Foucault.

La présente journée d’étude entend donner à quelques chercheurs l’occasion de réfléchir sur cette gloire de l’inhumain liée à une période bien particulière. A cette fin, on pourra notamment se poser les questions suivantes :

— Quels sont les antécédents, références et inspirations possibles de cette pensée de l’inhumain ? Au moins Nietzsche et Heidegger en philosophie sont des origines possibles. Mais sur le plan ontologique et épistémologique, le structuralisme a pu être également un facteur. Faut-il aussi mentionner ici la filiation de la “philosophie du concept” (Cavaillès, Canguilhem, Foucault) ?

— Comment peut-on, dans l’a posteriori, comprendre l’utilisation positive en matières morales et politiques de la catégorie de l’inhumain ? Nos penseurs ont-ils réellement pensé que l’inhumain devait être préféré au nom d’un étrange Bien ?

— Quelles sont les facettes de l’intérêt pour l’inhumain ? Y a-t-il une pertinence épistémologique, y a-t-il une pertinence esthétique de cet intérêt ? Y en a-t-il d’autres ?

Ce ne sont, bien entendu, que quelques pistes, et nous sommes prêts à accueillir des réflexions suivant d’autres voies.

Programme

09h00 : Jean-Michel Salanskis, « Statut de l’inhumain »

10h00 : Pierre Buhlmann, « De la figure dans le sable aux murs bavards - la question de l'inhumain chez Michel Foucault, entre épistémologie et politique de la vérité »

11h00 : PAUSE CAFE

11h15 : Arnaud Bouaniche, « L’inhumain chez Deleuze »

12h15 : PAUSE DEJEUNER

13h45 : Emine Sarıkartal, « L’inhumain chez Lyotard »

14h45 : Marta Hernandez Alonso, « Au-delà de l’humain. Derrida et l’éthique de l’hospitalité »

15h45 : PAUSE CAFE

16h00 : Gaëlle Bernard, « D’un inhumain à l’autre: Lyotard lecteur d’Arendt »

17h00 : François-David Sebbah, « L’éthique du survivant (à partir de Lévinas) »

Bâtiment F, 2e etage, salle F 250 Campus de l'Université de Nanterre