Séminaire - L'humain dans la philosophie allemande

  • Le 15/12/2015 à 16:30
  • Bâtiment L, salle de réunion 4ième étage - Université Paris Ouest Nanterre
  • Durée : jusque 19h

Cette séance de notre séminaire transversal sur l’ « humain impensé » sera consacrée à la présentation et à la discussion de deux projets de recherche en cours, sur Kant et Lotze dont voici les résumés.

- Stefanie Buchenau: La dignité humaine. Kant et l’humanisme des Lumières allemandes

Evoquer la dignité humaine, c’est parler le langage des Lumières : c’est employer un terme ou, plus précisément, un composite qui a son origine au 18ème siècle. Dans ce composite s’exprime l’idée que l’homme possède un titre inaliénable du seul fait d’être homme ; un titre qui se trouve au fondement de notre droit, qui impose une attitude de respect de la part des autres et qui commande de ne jamais traiter l’homme comme « un simple moyen » mais toujours comme une « fin », et comme membre et représentant d’une classe, celle de l’ « humanité ». Dans mon travail en cours dont je présenterai ici une partie, il s’agira de reconstruire ce langage, afin de clarifier d’une part, nos usages d’aujourd’hui mais aussi les enjeux humanistes d’un débat majeur des Lumières allemandes, impliquant outre Kant des figures comme Reimarus, Mendelssohn, Herder, Forster et Garve.

- Charlotte Morel, Un sens moderne de la métaphore anthropologique du microcosme : le Mikrokosmos de Lotze (1856-1864).

Avant Mikrokosmos (1856-1864), R. H. Lotze aborde de façon récurrente l’articulation psycho-physique  comme problème scientifique et philosophique. Pourtant son grand traité à visée populaire, Mikrokosmos. Idées sur l’histoire de la nature et l’histoire de humanité. Essai d’anthropologie, ne se réduit plus à cette approche : à la « nature » double de l’homme s’adjoint fondamentalement un horizon idéal de significations. En ce sens l’anthropologie psycho-physique n’est plus séparable d’une anthropologie culturelle, ce qui est aussi une façon pour Lotze de donner une nouvelle expression au principe métaphysique d’un « idéal-réalisme ». A partir de ces prémisses, je m’interrogerai ici plus spécifiquement sur le sens de la métaphore donnant à l’ouvrage son titre et son cadre d’ensemble : en quel sens l’homme moderne peut-il encore être pensé comme « microcosme » ?

Bâtiment L, salle de réunion 4ième étage Université Paris Ouest Nanterre