Entre l'homme et l'animal : continuité et discontinuité

Projet de Dalida Bovet,

Ethologue, Maîtresse de conférences à l'Université Paris Ouest Nanterre, Laboratoire d'Ethologie, Cognition et Développement

et de Michel Kreutzer,

Ethologue, Professeur émérite à l'Université Paris Ouest Nanterre, Laboratoire d'Ethologie, Cognition et Développement 

 

 

Définir et redéfinir l’Homme et l’humain est une tâche à laquelle les sciences de la nature et les sciences humaines et sociales ne cessent d’être confrontées. Dans une récente version du Petit Robert, l’Homme est défini à la fois comme un terme de taxinomie animale « Être (Mâle ou Femelle) appartenant à l’espèce animale la plus évoluée de la Terre, mammifère primate de la famille des hominidés, seul représentant de son espèce, Homo sapiens ». Et également comme un « Membre de l’humanité. Être humain actuel considéré comme un être social. Individu, personne. Humain, ce qui appartient à l’homme, ce qui lui est propre ».

Cette définition de l’Homme met en lumière deux conceptions : d’une part on affirme la continuité entre l’animal et l’Homme, nous sommes une espèce animale, mais d’autre part on souligne la discontinuité avec l’animal, notre émergence, l’humain représente l’espèce la plus évoluée, un humain est une personne. Ce sont ces deux ‘points de vue’, ceux de la continuité et de la discontinuité, que nous voulons analyser en examinant différentes possibilités pour chacun. Sur le plan théorique nous partirons de l’hypothèse que la continuité et la discontinuité peuvent chacune s’envisager sous deux formes. On peut en effet concevoir la continuité soit en naturalisant l’humain, soit en humanisant l’animal. Et la discontinuité, l’émergence de l’Homme, peut s’envisager elle en considérant que l’animal échappe aux contraintes spécifiques de l’humain et évite ainsi les risques de disfonctionnement que la complexité humaine génère, soit considérer que l’humain est supérieur à l’animal car il bénéficie d’avantages auxquels les animaux ne sauraient prétendre.

Dalila Bovet et Michel Kreutzer vont plus particulièrement étudier dans les mois qui viennent la pertinence des concepts d’esthétique et d’éthique appliqués à la vie de relation des animaux.