Séminaires 2015-2016

 

Le mardi 3 novembre 2015 : "Chacun et chaque autre : Singularité des sujets humains", présenté par Dorothée Legrand, Philosophe (CNRS, Archives Husserl de Paris) et Albert Piette, Anthropologue (Université de Paris Ouest).

Il y a des « chacun », singulier et particulier. Chacun s’adresse à d’autres « chacun ». Divers mots sont sollicités pour le dire, par exemple « relation ». Que désigne ce terme ? Une mise en contact, une  communication, une interaction, une rencontre, une interlocution, un lien ? Et qu’en est-il alors des « chacun », uniques, incomparables et inassimilables ? Comment penser, observer, décrire, conceptualiser la singularité de chaque individu, leur séparation les uns vis-à-vis des autres, d’une part, et d’autre part, leurs relations, au moins les esquisses de relations qui se tissent lorsqu’ils s’adressent les uns aux autres et se répondent ? Qu’y a-t-il entre chacun ? Ce sont ces questions que Dorothée Legrand, articulant philosophie et psychanalyse, et Albert Piette, comme anthropologue, tenteront de poser, en y confrontant leurs expériences et leurs réponses. 

Le séminaire se déroulera de 18h à 21h, à l'ENS Ulm (45 rue d'Ulm, 75005 Paris), salle Weil.

 

Séminaire "L'humain et l'inhumain en littérature et en art", Master littérature 1er semestre 2015/2016, tous les vendredis, de 9h à 12h, B 037, présenté par Stephanie Buchenau, Maître de conférences en Littérature allemande (UFR Langues et cultures étrangères), Université Paris 8. 

Nul doute que la littérature est un lieu privilégié de réflexion sur l’humain et qu’elle détient et exprime un savoir anthropologique particulier. Dans ce cours, nous étudierons comment, par quels moyens esthétiques et narratifs la littérature représente et raconte les caractères humain, inhumain, non-humain de l’homme. Sous quelles conditions et sous quelle forme l’humanité de l’homme peut-elle s’exprimer ? Et inversement, comment l’homme est-il amené à perdre les traits qui le définissent en propre : à s’aliéner, à se défigurer et à devenir méconnaissable à lui-même et aux autres ? Nous aborderons ce thème à travers des œuvres diverses, prises dans différentes traditions littéraires et humanistes, allant de Montaigne à Lessing, Goethe, Schiller, Kafka, Primo Levi et Coetzee. Nous chercherons à situer ces textes littéraires dans le paysage anthropologique de leur temps et à établir des liens avec les modes d’écriture anthropologiques de la science et de la philosophie. Nous élargirons en même temps notre regard de la littérature vers l’art et de la poétologie vers l’esthétique, notamment au sujet du grand débat sur la sculpture du Laocoon qui fut au cœur de l’esthétique allemande classique. 

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Séminaire "L'humain dans la philosophie allemande" , 15 décembre 2015, 16h30-19h, Université Paris-Ouest, Bâtiment L, salle de réunion, 4ième étage

Cette séance de notre séminaire transversal sur l’ « humain impensé » sera consacrée à la présentation et à la discussion de deux projets de recherche en cours, sur Kant et Lotze dont voici les résumés.

- Stefanie Buchenau: La dignité humaine. Kant et l’humanisme des Lumières allemandes

Evoquer la dignité humaine, c’est parler le langage des Lumières : c’est employer un terme ou, plus précisément, un composite qui a son origine au 18ème siècle. Dans ce composite s’exprime l’idée que l’homme possède un titre inaliénable du seul fait d’être homme ; un titre qui se trouve au fondement de notre droit, qui impose une attitude de respect de la part des autres et qui commande de ne jamais traiter l’homme comme « un simple moyen » mais toujours comme une « fin », et comme membre et représentant d’une classe, celle de l’ « humanité ». Dans mon travail en cours dont je présenterai ici une partie, il s’agira de reconstruire ce langage, afin de clarifier d’une part, nos usages d’aujourd’hui mais aussi les enjeux humanistes d’un débat majeur des Lumières allemandes, impliquant outre Kant des figures comme Reimarus, Mendelssohn, Herder, Forster et Garve.

- Charlotte Morel, Un sens moderne de la métaphore anthropologique du microcosme : le Mikrokosmos de Lotze (1856-1864).

Avant Mikrokosmos (1856-1864), R. H. Lotze aborde de façon récurrente l’articulation psycho-physique  comme problème scientifique et philosophique. Pourtant son grand traité à visée populaire, Mikrokosmos. Idées sur l’histoire de la nature et l’histoire de humanité. Essai d’anthropologie, ne se réduit plus à cette approche : à la « nature » double de l’homme s’adjoint fondamentalement un horizon idéal de significations. En ce sens l’anthropologie psycho-physique n’est plus séparable d’une anthropologie culturelle, ce qui est aussi une façon pour Lotze de donner une nouvelle expression au principe métaphysique d’un « idéal-réalisme ». A partir de ces prémisses, je m’interrogerai ici plus spécifiquement sur le sens de la métaphore donnant à l’ouvrage son titre et son cadre d’ensemble : en quel sens l’homme moderne peut-il encore être pensé comme « microcosme » ?

 

Séminaire "L'état communicant et la transformation: quelques exemples dans la pensée chinoise", 10 février 2016, 18h30 à 20h30, Lycée Henri IV (salle PrM-1.03), avec Dandan Jiang, professeure associée à l'École Normale Supérieure de l'Est de la Chine à Shanghaï et Directrice de programme au CIPh. 

Pour voir l'affiche du séminaire: Screen shot 2016 02 05 at 09 16 37Peinture de Dandan Jiang (3.54 Mo)

 

Séminaire transversal du projet L'humain impensé : "La condition humaine", 22 mars 2016, 17h à 19h, Université Paris Ouest Nanterre La Défense (Bâtiment L, salle 313) : 

- La condition humaine à partir de la trajectoire de Levinas : du captif au survivant (François-David Sebbah)

Ou comment cette philosophie se décide depuis une expérience de vie sans jamais s’y réduire ni même être conditionnée par elle : expérience de la condition humaine comme telle, de l'être-juif comme tel, d'une biographie comme telle (dans les tensions entre universel, particulier, et singulier ; dans la dramatique concrète  de “l'être-rivé”, de l'évasion, du retournement…). Et comment dire la condition humaine entre l'impossibilité du roman et une phénoménologie à la limite ?

- Une condition insupportable ? (Jean-Michel Salanskis)

Je voudrais réfléchir d’un côté sur l’expression « la condition humaine », qui désigne le noyau grave de ce qui nous concerne tous comme notre « condition » : un tel mot va-t-il de soi? Et je voudrais aussi tenter de repérer les divers motifs au titre desquels nous sommes enclins à déclarer notre condition « insupportable ». Il est tout aussi étonnant que nous le fassions si volontiers, et que nous ayons plusieurs raisons de le faire.